Prévention du VIH et
modification des comportements
- Lesprincipes essentiels
Cours à l’intention des personnes qui travaillent
dans les domaines de la sécurité, de la protection civile,
de la police et les forces armées
Cours de formation réalisé par
l’Alliance Civils-Militaires contre le VIH/SIDA (ACM)
avec le soutien de ONUSIDA

Version finale
Novembre 2002
Module 6
Prévention du VIH
et modification des comportements
-- Les principes essentiels
Introduction
Module 6 : Prévention du VIH et modification des comportements
- Les principes essentiels
Quelques tuyaux utiles au formateur
Diapositives/transparents pour le Module 6
Concepteurs du cours :
Ce Module est le sixième élément constitutif d’un cours de formation de plus grande portée intitulé « Prévention du VIH et modification des comportements chez les fonctionnaires en uniforme », qui est un cours de formation des formateurs composé de sept modules, y compris des notes détaillées à l’usage des intéressés.
Il a été mis au point par Donna Ruscavage, M.S.W., et Paul Purnell, M.S., avec le soutien de la Fondation Henry M. Jackson pour le progrès de la médecine militaire et du Département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies. Le financement du cours complet a été assuré par une subvention de la Fondation Ford. La mise au point de ce module 6 a été possible grâce à une subvention du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA). Le principal concepteur du module 6 a été Donna Ruscavage, M.S.W.
Note importante :
Si vous modifiez ce cours, de quelque façon que ce soit, ou si vous le complétez par d’autres matériaux pédagogiques élaborés par vos soins, nous serions très heureux de bénéficier de vos suggestions et améliorations. Nous vous remercions de bien vouloir en envoyer copie à:
Stuart J. Kingma, M.D., Directeur
Alliance Civils-Militaires contre le VIH/SIDA (ACM)
20, route de l’Hôpital
CH - 1180 Rolle, Suisse
Fax: +(41 21) 825 35 86
Courrier électronique: kingma@iprolink.ch
En modifiant leur comportement, les gens ont la possibilité de réduire le risque qu’ils courent de contracter le VIH ou d’autres maladies sexuellement transmissibles (MST). Mais pour qu’ils décident de changer leur façon de faire, il faut aussi qu’ils disposent des connaissances de base sur le VIH et les autres maladies sexuellement transmissibles et qu’ils apprennent à se protéger contre ces menaces.
Tout le monde est exposé au risque du VIH et des autres MST. Les personnes qui travaillent dans les domaines de la sécurité et de la protection civile sont toutefois nettement plus exposées que les autres à ces infections. Cela tient au fait que les types de fonctions qu’elles exercent dans ces domaines sont source d’un niveau de stress très élevé. Le stress peut conduire une personne à agir d’une façon qui accroît le risque d’infection par le VIH et les autres MST. Les gens se tournent parfois vers l’alcool ou la drogue pour atténuer leur stress. Ils peuvent également avoir recours aux relations sexuelles afin de se sentir mieux dans leur peau. Et en pareil cas, lorsqu’il y a effectivement des relations sexuelles, la protection ou l’utilisation de préservatifs, n’est pas toujours la principale préoccupation. Lorsqu’une personne a bu de l’alcool et consommé de la drogue, il y a même encore moins de chances qu’elle utilise un préservatif. Beaucoup de membres des personnels de la protection civile et du secteur de la sécurité sont jeunes et pensent qu’ « il ne leur arrivera jamais rien. » Qui plus est, ce type de milieu professionnel encourage et valorise la prise de risque par les personnels.
Les hommes et les femmes qui travaillent dans les domaines de la sécurité et de la protection civile font un travail admirable et très important. Il faut qu’ils soient sensibilisés aux méthodes de protection contre le VIH/les MST afin qu’ils soient en mesure de préserver leur santé, celle de leur famille et celle des populations qu’ils ont pour tâche de protéger.
Le module 6, « Prévention du VIH et modification des comportements – Les principes essentiels », fait partie d’un cours de formation et de sensibilisation de plus grande portée. Le cours intitulé Prévention du VIH et modification des comportements chez les fonctionnaires en uniforme se compose de 5 modules de formation consacrés chacun à différents sujets liés à la prévention du VIH :
· Module 1 : Description du VIH et de son impact sur les personnels militaires
· Module 2 : Prévention du VIH
· Module 3 : Toxicomanie, VIH et maladies sexuellement transmissibles (MST)
· Module 4 : Evaluation du risque de VIH et stratégies de prévention
· Module 5 : Examen de la prévention du VIH et des questions liées à la modification des comportements.
Le module 6 fournit des informations de base sur le VIH/SIDA et d’autres MST, ainsi que sur les différentes façons de prévenir ces infections. Pour obtenir de plus amples renseignements, le lecteur peut se référer au cours complet susmentionné, lui aussi réalisé par l’Alliance Civils-Militaires contre le VIH/SIDA. Les formateurs peuvent utiliser la totalité du cours pour développer certaines sections du module 6 ou pour améliorer leurs propres connaissances des sujets abordés dans le module 6.
On trouvera dans le Module 6, en caractères italiques, des notes spécialement rédigées à l’intention des formateurs. Ces notes expliquent ce que contiennent les différentes sections de chaque module et quels sont leurs objectifs ; elles contiennent des instructions pour l’organisation de certains exercices spécifiques. De plus, la section « Quelques tuyaux utiles au formateur », à la fin du Module 6, contient des informations pratiques sur l’organisation, la conduite et l’évaluation d’une séance de formation.
Le lecteur trouvera, après la section « Quelques tuyaux utiles au formateur », une série de diapositives/transparents qui résument les principaux points du Module 6. Les instructeurs peuvent s’en servir comme outils pédagogiques pour former d’autres formateurs et enseignants à la façon d’utiliser le Module 6 du cours. Certaines diapositives/certains transparents peuvent également être utilisés par les formateurs pour organiser le cours à l’intention de leur public-cible. Ils peuvent modifier ces outils pédagogiques en fonction des besoins de leur(s) public(s).
Ce cours a été conçu comme complément au cours précédent de cinq modules de l’ACM intitulé Prévention du VIH et modification des comportements chez les fonctionnaires en uniforme. Il a pour but de proposer un certain nombre de modèles de messages pouvant être utilisés pour la formation de base et la formation sur le lieu de travail des personnels masculins et féminins des services de défense et de protection civiles.
Module 6 : Prévention du VIH et modification des comportements – Les principes essentiels
Objectifs :
1) Acquérir des connaissances sur le VIH/SIDA et les maladies sexuellement transmissibles (MST) ;
2) Se familiariser avec ce qui est susceptible d’augmenter le risque de contracter le VIH et d’autres MST ;
3) Apprendre à utiliser les préservatifs ;
4) Apprendre les différentes façons de se protéger, soi-même et d’autres personnes, contre l’infection par le VIH et d’autres MST ;
5) Apprendre à jouer un rôle d’animation et de direction et à s’exprimer devant d’autres personnes sur le sujet du VIH et des autres MST.
Durée : 1-2 heures.
Présentation : Exercices permettant d’obtenir des informations et d’acquérir un certain nombre de capacités, discussions de groupe et projection de diapositives ou de transparents.
Matériel : Articles nécessaires :
Note à l’intention du formateur : La section diapositives/transparents, que l’on trouvera à la fin du Module 6, résume les points essentiels de chaque section du présent document. Dans certaines parties du module, il y a un petit encadré à côté du texte, qui indique au formateur quand il doit projeter la diapositive/le transparent aux stagiaires. Les diapositives/transparents sont à utiliser comme supports visuels pendant le cours, afin d’aider les participants à mieux comprendre les informations qui leur sont fournies.
Ce cours a pour buts :
· De fournir aux participants des informations sur ce qui expose les gens au risque de contracter le VIH et d’autres MST ;
· De leur fournir des informations sur la façon la plus appropriée d’utiliser les préservatifs ;
· De leur expliquer comment parler, avec un partenaire sexuel, de la protection des deux partenaires contre le VIH et d’autres MST ;
· De leur expliquer comment parler à leurs amis et collègues de la façon de se protéger contre le VIH et d’autres MST.
Tous les participants sont invités à adopter et suivre les directives ci-après relatives à la façon de se comporter pendant ce cours de formation :
· Préservez la confidentialité des discussions : ne parlez à personne, après le cours, de ce qui s’y est dit ;
· Soyez honnête : parlez de vos propres sentiments, au lieu de dire ce que vous pensez que les autres souhaitent vous entendre dire ;
· Utilisez le « Je » : parlez en votre propre nom, de ce que que vous souhaitez, de ce dont vous avez besoin, de ce que vous pensez ;
· Parlez les uns après les autres, de manière à ce que chacun puisse être entendu et aie la possibilité de s’exprimer ;
· Respectez les sentiments et les opinions des autres. Nous ne sommes pas obligés d’être tous d’accord.
Note à l’intention du formateur : Les participants sont parfois timides et hésitent à s’exprimer devant un groupe. Et lorsqu’il s’agit de surcroît de parler du VIH/SIDA, les gens éprouvent même encore plus de difficultés à s’exprimer librement. Pour que tout le monde se sente davantage à l’aise, il est utile de faire en sorte que les participants apprennent à se connaître. Pour ce faire, vous pouvez choisir entre deux exercices. Le but de ces exercices est que les participants s’amusent, fassent connaissance et se décontractent !
Exercices permettant de se connaître mutuellement
Exercice 1 : Lorsque vous étiez en formation avant d’exercer vos fonctions actuelles
q Quel âge aviez-vous ?
q Comment étiez-vous – timide, extraverti ?
q Où habitiez-vous ?
q Etiez-vous célibataire ou marié ?
q Aviez-vous des enfants ?
q Comment vous amusiez-vous ? Quels étaient vos loisirs ?
q Avez-vous jamais fait quelque chose que vous n’étiez pas censé faire ?
q Comment était votre instructeur ?
q Qu’est-ce que vous avez le plus aimé dans votre formation ?
q Qu’est-ce que vous avez le moins aimé dans votre formation ?
q Où habitiez-vous ?
q Pouvez-vous décrire votre famille ?
q Dans quel milieu viviez-vous ?
q Comment vous amusiez-vous ? Quels étaient vos loisirs ?
q Quelle était votre chanson favorite ?
q Etiez-vous amoureux(amoureuse) ? De qui ?
q A quoi ressembliez-vous ?
q Que vouliez-vous faire quand vous seriez plus grand(e) ?
q Quels étaient les tabous sociaux (les choses qu’il n’était pas acceptable ou pas convenable de faire) dans votre milieu ?
q Quelles étaient les questions sociales importantes à cette époque (sexualité, guerre, politique, etc.), pour vous-même et pour la communauté/collectivité/population au sein de laquelle vous viviez ?
Orientations générales pour les exercices permettant de se connaître mutuellement
1) Distribuez aux participants les polycopiés de l’exercice « Lorsque vous étiez en formation » et de l’exercice « Lorsque vous aviez seize ans » (voir la section « Polycopiés » à la fin du Module) ;
2) Donnez 3 à 4 minutes aux participants pour écrire leurs réponses. Dites-leur de ne pas passer trop de temps sur chaque question - ils devraient répondre sans trop préparer ce qu’ils écrivent ni trop y penser préalablement (les réponses doivent être spontanées) ;
3) Faites parler les participants entre eux par groupes de deux, pendant deux à trois minutes. Ensuite, faites-les changer d’interlocuteur à deux ou trois reprises ;
4) Reconstituez un seul et unique groupe plus important. Demandez aux participants ce qu’ils ont pensé en répondant aux questions et ce qu’ils ont appris sur eux-mêmes et sur les autres.
Note à l’intention du formateur : Cette partie du cours permet aux participants de se familiariser avec les principaux faits que chacun doit connaître sur le VIH, le SIDA et les autres MST. Certaines de ces informations sont certes quelque peu techniques, mais beaucoup de gens se posent des questions sur le VIH, le SIDA et les autres MST. Et nombreux sont ceux qui se font des idées fausses sur ce sujet. Il est important que chacun d’entre nous connaisse les principaux faits relatifs au VIH, au SIDA et aux autres MST. Prenez le temps de vous assurer que les participants assimilent bien toutes ces informations. Ne vous inquiétez pas si vous n’êtes pas en mesure de répondre à une question d’un participant. Vous pouvez écrire cette question, en demander la réponse à un membre du personnel médical et la communiquer au participant après le cours. Vous pouvez aussi demander à un membre du personnel médical de vous aider pour cette partie du cours, ou bien encore d’être présent dans la salle afin d’observer ce qui se passe et de répondre à certaines questions.
Note à l’intention du formateur :Présentez ces informations dans le cadre d’une brève discussion. Encouragez les participants à poser des questions tout au long de la discussion.
Qu’est-ce que le VIH ?
Le SIDA – syndrome de l’immunodéficience acquise – est provoqué par un virus appelé VIH. Le VIH, parfois appelé « virus du SIDA », est un acronyme qui veut dire :
V Virus
H humaine
Le VIH est un petit virus, que vous ne pouvez même pas voir à l’œil nu. Un virus est un germe qui peut se transmettre d’une personne à une autre, en provoquant des maladies, par exemple un rhume ou une grippe. En revanche, contrairement aux virus du rhume et de la grippe, celui du VIH ne se propage pas facilement. Le VIH vit dans les fluides corporels – le sang, le sperme de l’homme (le fluide qui sort du pénis de l’homme), le fluide vaginal (le fluide qui sort du vagin d’une femme) et le lait maternel. Nous aborderons la question de la pénétration du VIH dans le corps après avoir expliqué ce qu’est le SIDA.
Qu’est-ce que le SIDA ?
Lorsque quelqu’un est infecté par le VIH, il s’écoule un certain délai, après lequel il est touché par le SIDA, ou Syndrome de l’immunodéficience acquise :
S pour « syndrome ». Un syndrome est une association de plusieurs signes ou symptômes liés à une maladie ou à un état particulier et qui apparaissent avec eux. Par exemple, une personne atteinte du SIDA peut subir une perte de poids extrêmement rapide et contracter en même temps la tuberculose.
I pour « immuno ». Se réfère au système immunitaire du corps, qui protège ce dernier contre les maladies.
D pour « «déficience ». Ce terme signifie manquer de quelque chose, ne pas en avoir suffisamment. En l’espèce, le corps manque de certains types de cellules dont il a besoin pour se protéger contre les infections. Ces cellules sont appelées cellules immunitaires ou cellules T. Le VIH tue ces cellules petit à petit et le système immunitaire du corps s’affaiblit. Dès lors, il ne protège plus le corps contre les infections, et la personne devient malade.
A pour « acquis », pour « quelque chose que l’on attrape ». Cela signifie que le VIH est passé d’une personne infectée à une autre personne.
Où trouve-t-on le VIH dans le corps ?
On trouve le VIH dans les fluides corporels suivants :
· Le sperme – le fluide qui sort du pénis de l’homme ;
· Le fluide vaginal – le fluide qui sort du vagin de la femme ;
· Le sang – le fluide qui circule dans les vaisseaux sanguins du corps (les « tubes » au travers desquels coule le sang, et que l’on appelle des veines et des artères) ;
· Le lait maternel – le fluide, ou lait, des seins de la femme qui a donné naissance à un bébé.
Comment le VIH pénètre-t-il dans le corps ?
Le VIH pénètre dans le corps de différentes façons :
· Lors de relations sexuelles non protégées, c’est-à-dire sans utiliser de préservatif, avec une personne porteuse du VIH.
Il faut se rappeler que le VIH est présent dans le sperme et le fluide vaginal, qui sont tous deux échangés entre les partenaires lors des rapports sexuels. Ces rapports peuvent être vaginaux, anaux et bucco-génitaux.
- On parle de rapports vaginaux lorsqu’un homme enfile son pénis dans le vagin d’une femme. Le VIH peut alors pénétrer dans le corps par de petites coupures ou déchirures à l’intérieur du vagin ou sur le pénis. Ces coupures et déchirures sont si petites qu’on ne peut même pas les voir. Elles peuvent également être difficiles à repérer par de faibles douleurs et la plupart des gens ne se rendent même pas compte qu’ils les ont.
- On parle de rapports sexuels anaux lorsque l’homme enfile son pénis dans le rectum (ou l’anus) d’une femme ou d’un homme. Le VIH peut alors pénétrer dans le corps par de petites coupures ou déchirures dans le rectum. Cette partie du corps ne s’étire pas aussi facilement que d’autres (telles que le vagin) : elle peut donc se déchirer et saigner plus facilement.
- On parle de rapports sexuels « oraux » ou bucco-génitaux lorsqu’une personne suce ou lèche les parties génitales d’une autre. Un homme peut sucer ou lécher les parties génitales d’une femme ou le pénis d’un autre homme. Une femme peut sucer ou lécher le pénis d’un homme ou les parties génitales d’une autre femme. Le VIH peut alors pénétrer dans le corps par des coupures ou déchirures à l’intérieur de la bouche. Ces coupures ou déchirures peuvent être si petites que l’on ne peut ni les voir ni les sentir. Une personne peut également avoir une gingivite, ce qui l’expose davantage encore au risque de contracter le VIH, et ne présenter aucun symptôme tel que des gencives qui saignent.
· En s’injectant de la drogue et en partageant des aiguilles de seringue sur lesquelles il reste un petit peu de sang d’une personne porteuse du VIH. Lorsque quelqu’un s’injecte de la drogue – qu’il s’agisse d’héroïne et de cocaïne ou de vitamines et d’insuline – il arrive qu’il se serve de la même aiguille que d’autres personnes.
· Par ailleurs, lorsque quelqu’un se fait tatouer ou scarifier, il peut arriver que la même aiguille ou le même couteau soit utilisé(e) par plusieurs personnes. Bien que ce soit rare, s’il reste encore du sang infecté par le VIH sur les aiguilles ou les couteaux, la personne concernée risque de contracter le virus. On peut aussi contracter le VIH en utilisant des rasoirs sur lesquels il reste du sang provenant d’une personne porteuse du VIH.
· Pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement, la mère peut transmettre le VIH à son enfant. Une femme enceinte peut transmettre le virus à son enfant : dans son utérus, avant l’accouchement ; pendant l’accouchement. La mère peut également transmettre le VIH à son enfant par le sang libéré à la naissance. Si le virus du VIH se trouve dans le lait maternel, il est transmis au bébé pendant l’allaitement. Quand la mère est porteuse du virus, la décision de nourrir au sein est dure à prendre ; elle relève de la seule responsabilité de l’intéressée. Il y a 30 pour cent de chances qu’une mère transmette le VIH à son enfant en l’allaitant.
· Par un contact avec du sang infecté par le VIH. Certains pays ne procèdent pas à un test VIH des dons de sang. Une personne qui a besoin d’une transfusion sanguine peut contracter le VIH si le sang qui lui est donné est infecté. En ce qui concerne les personnes qui travaillent dans la police, l’armée ou la protection civile, le contact avec du sang infecté peut avoir lieu lorsqu’elles manipulent un blessé ou un mort. Note à l’intention du formateur : Nous verrons un peu plus loin dans le présent cours de formation, dans la section intitulée « Précautions universelles », ce que ces personnels peuvent faire pour se protéger eux-mêmes en pareil cas.
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Il faut rappeler qu’une personne n’a pas seulement des relations sexuelles avec une seule autre personne, mais avec toutes celles avec lesquelles cette dernière a elle‑même eu des relations sexuelles auparavant.
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● avoir plusieurs partenaires sexuels
● ne pas utiliser de préservatif
● avoir des rapports sexuels anaux sans protection, ce qui est particulièrement risqué
Les femmes sont davantage exposées au risque de MST que les hommes, car :
● Les femmes ont une plus forte probabilité de contracter le VIH ou d’autres MST dans le cadre d’une seule expérience sexuelle. Cela est particulièrement vraie pour les adolescentes, dont les organes sexuels ne sont pas encore pleinement matures et laissent passer facilement le VIH dans le corps.
● les femmes peuvent avoir des MST asymptomatiques difficiles à diagnostiquer, mais qui par leur présence augmentent le risque de transmission du VIH ;
● les femmes sont souvent désavantagées dans les négociations sexuelles, et incapables de convaincre leurs partenaires d’avoir des relations sûres ;
● les femmes ont parfois des relations sexuelles sous la contrainte, y compris le viol.
Enfin, il convient de savoir que dans tout groupe d’hommes important, il existe certains individus qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes. Les relations sexuelles anales sont une expression courante du contact sexuel entre hommes. Le risque de transmission du VIH par cette pratique tient au fait que les parois de l’anus se déchirent facilement et peuvent saigner. Voilà pourquoi le risque de contracter le VIH est particulièrement élevé dans les contacts sexuels anaux non protégés.
Après qu’une personne a contracté le VIH, elle subit ce que l’on appelle le « processus » de la maladie, au cours duquel un certain nombre d’événements peuvent se produire au fil du temps. A ce stade, il convient de toujours garder à l’esprit le fait que chaque personne est différente et que chaque partie, ou étape, de l’infection par le VIH peut être différente pour chaque personne porteuse du virus.
L’infection par le VIH comprend trois étapes, qui constituent ce que l’on appelle le « cycle naturel du VIH » :
· Etape 1 – la « période sérologiquement muette ». C’est en passant un test sanguin qu’une personne peut découvrir qu’elle a été infectée par le VIH. Mais il faut environ 3 à 6 semaines avant que le VIH apparaisse lors d’un tel test. Et bien que ce soit rare, cette période peut même, parfois, durer de 3 à 6 mois. Cela signifie qu’une personne peut avoir un test négatif au VIH alors qu’elle est porteuse du virus. Cette période au cours de laquelle on ne peut pas constater la présence du VIH dans le sang est appelée la « période sérologiquement muette ». Quelqu’un peut transmettre le VIH à une autre personne pendant cette période.
· Etape 2 – la « période asymptomatique ». Il est fréquent qu’une personne porteuse du VIH demeure en bonne santé pendant encore quelques années après avoir contracté le virus. Elle n’a aucun problème médical et ne se sent pas malade. C’est ce que l’on appelle la « période asymptomatique » (ce terme signifie que l’on a une maladie sans présenter de symptômes). Cette période peut durer de quelques années à 12 ans ou plus. Mais certaines personnes commencent à tomber malades nettement plus tôt.
· Etape 3 – la « période symptomatique ». Cette période est celle pendant laquelle la personne développe le SIDA. Les porteurs du SIDA peuvent contracter des maladies graves du fait d’infections contre lesquelles les gens en bonne santé sont équipés pour lutter. C’est ce que l’on appelle les infections « opportunistes », ou IO, qui peuvent être mortelles. Lorsqu’un malade a accès à certains traitements médicamenteux, le SIDA peut devenir chronique, ou durer toute la vie, sans pouvoir être soigné. Lorsque les gens n’ont pas accès à un traitement, le SIDA est mortel.
Note à l’intention du formateur : Si besoin est, revenir à la section « Qu’est-ce que le SIDA ? ».
Est-ce que le fait de passer un test de dépistage du VIH peut m’empêcher d’être infecté par ce virus ?
Etant donné que l’on peut être porteur du SIDA, ne pas apparaître pour autant comme séropositif lors du test et se sentir en bonne santé alors que l’on a le virus depuis déjà un certain temps, le test de dépistage n’est pas un bon moyen de se protéger contre le VIH. Mais l’on peut avoir recours à un test si l’on veut arrêter d’utiliser des préservatifs ou avoir un enfant. Il faut alors procéder de la manière suivante :
· Tout d’abord, votre partenaire et vous-même devez passer un test de dépistage du VIH ;
· Ensuite, et pendant six mois, il ne faut avoir de rapports sexuels qu’avec votre partenaire sexuel (et personne d’autre), et utiliser des préservatifs CHAQUE FOIS que vous avez des rapports sexuels (vaginaux, bucco-génitaux ou anaux).
· Enfin, une fois écoulés les six mois, vous devez de nouveau passer un test de dépistage du VIH, de même que votre partenaire. Si vous êtes tous les deux séronégatifs, vous pouvez avoir des rapports sexuels sans utiliser de préservatifs ou essayer de tomber enceinte sans vous inquiéter.
Quels sont les mythes courants au sujet du VIH ?
Il existe un certain nombre de mythes, ou idées fausses, quant à la façon dont on contracte le VIH. Note à l’intention du formateur : Après avoir examiné la façon dont le VIH ne se propage pas, vous pouvez demander aux participants de discuter des idées fausses que chacun d’entre eux a pu entendre au sujet de la façon dont on peut contracter le VIH.
Le VIH ne se transmet pas :
· Lors des contacts sociaux, par exemple en se serrant la main, en se touchant ou en se serrant dans les bras. On ne peut pas contracter le VIH sur le siège des toilettes, en touchant les poignées de porte ou en mangeant des aliments préparés par quelqu’un qui est porteur du VIH.
· En s’embrassant. Certaines personnes s’inquiètent de ce qu’en embrassant quelqu’un avec pénétration de la langue dans la bouche du partenaire, l’on risque de contracter le virus. Or, si l’on a effectivement trouvé le VIH dans la salive (le fluide de la bouche), il n’y était qu’en quantités infinitésimales. Personne n’a jamais été infecté en embrassant quelqu’un.
· En se faisant piquer par des moustiques. Les moustiques sont source de problèmes et peuvent transmettre d’autres maladies, telles que le paludisme. Mais ils ne transmettent pas le VIH.
Que doit-on savoir d’autre au sujet du VIH et du SIDA ?
Il vous faut encore apprendre un certain nombre de choses au sujet du VIH et du SIDA :
· Nous sommes tous exposés au risque de contracter le VIH. Il suffit de se retrouver dans une situation qui n’est « pas sûre » - c’est-à-dire d’avoir des rapports sexuels sans utiliser de préservatif ou de partager des aiguilles de seringue qui ne sont pas propres pour s’injecter de la drogue.
· La plupart des gens contractent le VIH en n’utilisant pas de préservatifs pendant les rapports sexuels.
· Il n’existe pas de vaccin ou de médicament pour protéger les gens contre le VIH. Le SIDA ne se soigne pas. La seule façon de ne pas contracter le SIDA consiste à se protéger contre le VIH. Note à l’intention du formateur: Dites aux participants qu’il y aura plus tard, dans le cadre de ce cours, une discussion sur la façon de se protéger contre le VIH.
· Il est possible de contracter à la fois le VIH et une autre MST. Certaines MST risquent de provoquer de graves problèmes de santé, par exemple rendre stérile (empêcher une femme de tomber enceinte). Hommes et femmes peuvent devenir stériles à cause d’une MST non soignée. Ils risquent également d’avoir d’autres problèmes de santé, et même de décéder.
· Le fait de boire de l’alcool ou de prendre de la drogue (marijuana, cocaïne, héroïne) peut vous amener à adopter des comportements qui ne seraient pas les vôtres si vous n’étiez sous l’emprise d’aucun de ces produits. Par exemple avoir des rapports sexuels sans utiliser de préservatif. Ou coucher avec quelqu’un alors que vous êtes marié.
· Il est possible de contracter le VIH et certaines MST telles qu’une hépatite avec des aiguilles, des couteaux ou des lames de rasoir sur lesquels il y a du sang infecté (par le VIH ou une autre MST). En se faisant tatouer, percer ou scarifier, l’on court un risque de contracter le VIH ou une autre MST. En partageant des aiguilles sales – pour s’injecter de la drogue, par exemple de l’héroïne ou même des vitamines ou de l’insuline – l’on court le risque de contracter le VIH et d’autres MST. Il faut s’assurer que les aiguilles et les couteaux sont propres (qu’ils ont été stérilisés dans un appareil spécial que l’on appelle un autoclave) ou s’efforcer d’utiliser ses propres aiguilles, couteaux ou lames de rasoir.
· Vous pouvez vous protéger contre le VIH en ayant des « rapports sexuels protégés ». Cela signifie avoir des rapports sexuels mais sans partager de fluides corporels tels que le sang, le sperme et le fluide vaginal. C’est en utilisant des préservatifs que l’on peut éviter de partager ces fluides corporels. Les autres façons d’avoir des rapports sexuels « sûrs » sont entre autres : n’avoir qu’un seul et même partenaire sexuel et ne coucher avec personne d’autre ; avoir des rapports sexuels sans pénétrer dans le vagin ou le rectum de la (du) partenaire ; en se serrant l’un contre l’autre, en s’embrassant et en se masturbant mutuellement (en se faisant parvenir soi-même à l’orgasme et en faisant de même avec son (sa) partenaire, en n’utilisant que sa main).
Note à l’intention du formateur : Clore la discussion en résumant les faits suivants :
· Le VIH est le virus qui provoque le SIDA ;
· Le SIDA résulte d’une infection par le VIH ;
· Il est possible d’empêcher l’infection par le VIH ;
· Le VIH ne se transmet pas par les contacts sociaux habituels, de la vie quotidienne..
B. Informations sur les maladies sexuellement transmissibles (MST)
Note à l’intention du formateur : Présentez ces informations dans le cadre d’une brève discussion. Encouragez les participants à poser des questions tout au long de cette discussion.
Il est important d’avoir des éléments d’information sur les MST lorsque l’on parle du VIH et du SIDA, notamment parce que l’on peut contracter en même temps le VIH et des MST. Et le fait d’avoir une MST accroît le risque d’être infecté par le VIH. Souvenez-vous que les MST concernent tout le monde – on peut tous en contracter une et la transmettre à d’autres personnes. Vous pouvez même avoir une MST sans le savoir, car certaines d’entre elles ne provoquent aucun symptôme. Les MST peuvent entraîner de graves problèmes de santé qui perdurent la vie durant. Mais il est bon de savoir aussi que si l’on si prend suffisamment à temps, elles peuvent se soigner facilement. Si vous pensez avoir une MST, consultez immédiatement un médecin ou un autre membre du personnel soignant.
Il existe de nombreuses MST. Nous en examinerons quatre ici : la blennorragie, la chlamydia, la syphilis et l’herpès génital.
· La blennorragie est une maladie provoquée par des bactéries (germes).
· On la contracte par contact direct avec les organes sexuels (le pénis, le vagin), le rectum ou la bouche d’une personne infectée. Une femme enceinte qui a une MST peut la transmettre à son enfant pendant l’accouchement.
· La plupart des gens qui contractent cette MST n’ont pas de symptômes, ou en tous cas n’ont que des symptômes très légers. Lorsqu’il y a des symptômes, ce sont des sensations de brûlure ou de douleur lorsque l’on urine, le fait d’avoir des démangeaisons au rectum, ou un rectum qui saigne. Il peut également y avoir un fluide jaune ou blanc qui sort du pénis de l’homme – et cela se produit souvent rapidement après l’infection. Une femme peut aussi avoir des émissions de fluide sortant du vagin et des douleurs pendant les rapports sexuels.
· La blennorragie se soigne avec des antibiotiques. Mais elle peut se contracter de nouveau, surtout lorsque les partenaires sexuels de la personne infectée ne sont pas traités eux aussi par un médecin.
· Lorsque cette maladie n’est pas traitée, elle peut être source de stérilité (ne pas pouvoir avoir d’enfants) aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Une femme qui a une blennorragie risque de développer une salpingite aiguë. Il s’agit d’une grave maladie qui non seulement peut l’empêcher de tomber enceinte mais aussi risque de provoquer une grossesse extra-utérine, ce qui peut mettre sa vie en danger. Qui plus est, une salpingite aiguë est une maladie très douloureuse. Bien que rare, elle peut passer dans le sang ou les articulations de la malade, et en pareil cas également, elle peut être mortelle. Si une femme transmet cette MST à son enfant pendant sa grossesse, celui-ci peut naître aveugle ou avoir une infection sanguine ou des articulations, ce qui peut lui être fatal.
· La chlamydia est provoquée par des bactéries.
· Elle se transmet d’une personne (infectée) à l’autre pendant des rapports vaginaux, anaux ou bucco-génitaux. Elle peut également se transmettre d’une mère infectée à son enfant pendant l’accouchement.
· La plupart des personnes qui sont atteintes de cette maladie n’ont AUCUN symptôme, ce qui la rend difficile à traiter. Lorsqu’il y a néanmoins des symptômes, les hommes peuvent avoir des écoulements de leur pénis ou des brûlures quand ils urinent. Les femmes ont des écoulements vaginaux, des brûlures en urinant et des saignements du vagin en-dehors des périodes de règles.
· La chlamydia est une maladie curable avec des antibiotiques. Mais elle peut se contracter de nouveau, surtout lorsque les partenaires sexuels de la personne infectée ne sont pas traités par un médecin.
· Chez l’homme, cette MST, si elle n’a pas été traitée, risque de provoquer des irritations aux yeux et des lésions cutanées, ou des boutons. Chez la femme, elle provoque souvent des irritations du col de l’utérus (ouverture de l’utérus). L’intéressée ne ressent généralement rien et cela peut être source d’autres problèmes. La chlamydia provoque également, chez la femme, des salpingites aiguës.
Il s’agit d’une grave maladie qui non seulement peut l’empêcher de tomber enceinte mais aussi risque de provoquer une grossesse extra-utérine, ce qui peut mettre sa vie en danger. Qui plus est, c’est une maladie très douloureuse. Les enfants qui contractent la chlamydia dans le ventre de leur mère risquent de développer ensuite des infections des poumons, des yeux et des oreilles.
· La syphilis est provoquée par des bactéries, et elle peut affecter n’importe quelle partie du corps.
· La syphilis se transmet par contact direct avec les organes sexuels, le rectum ou la bouche d’une personne infectée. Une femme infectée peut contaminer son enfant pendant la grossesse.
· Cette MST se développe en trois phases. Si l’intéressé(e) ne bénéficie d’aucun traitement médical, il (elle) passe par chacune de ces phases, et l’issue peut être fatale. Si la syphilis est traitée, elle peut être enrayée. Les quatre phases sont les suivantes :
- Première phase – Un bouton isolé, petit, non douloureux (que l’on appelle un chancre) apparaît sur le pénis, dans ou à proximité du vagin ou sur la bouche. Il est alors facile de transmettre la maladie à une autre personne.
- Deuxième phase – Le plus souvent, la personne infectée développe une éruption cutanée. Comme dans la première phase, elle peut transmettre la maladie à quelqu’un d’autre dans cette deuxième phase. L’éruption se produit le plus souvent dans la paume des mains ou sous la voûte plantaire, mais elle peut aussi intervenir à n’importe quel autre endroit du corps. La personne infectée peut également se sentir fatiguée, avoir de la fièvre ou même perdre ses cheveux pendant cette phase. Faute de se faire traiter, elle risque d’entrer dans ce que l’on appelle la « phase de latence ».
- Troisième phase : la phase de latence (ou phase « cachée ») – Lorsque la MST « se cache » ou disparaît pendant un certain temps, elle ne peut pas se transmettre à quelqu’un d’autre. Parfois, une personne ayant une syphilis latente n’a plus ni symptômes ni problèmes particuliers.
- Quatrième phase – C’est dans cette quatrième phase que la syphilis est la plus dangereuse pour l’intéressé(e). Des organes corporels tels que le cœur ou le cerveau peuvent être endommagés. De graves problèmes se font jour et l’issue peut être fatale.
· La syphilis est une maladie curable avec des antibiotiques. Mais elle peut être de nouveau contractée, surtout lorsque les partenaires sexuels de la personne infectée n’ont pas bénéficié d’un traitement médical.
· Si elle n’est pas traitée, cette MST risque de provoquer de graves problèmes tels que des lésions cérébrales, des maladies cardiaques, la cécité voire la mort. Elle est également très dangereuse lorsqu’une femme la transmet à son enfant pendant la grossesse, puisqu’il peut y avoir une fausse couche, une naissance prématurée, un mort-né, des handicaps à la naissance.
· L’herpès génital est provoqué par un virus.
· L’on peut contracter l’herpès génital lors des rapports sexuels (vaginaux, bucco-génitaux, anaux) avec une personne déjà porteuse du virus. Une femme atteinte de cette MST peut la transmettre à son enfant lors de l’accouchement.
· Cette maladie est incurable – une fois contractée, on l’a la vie durant.
· Lorsqu’une personne a cette MST, elle développe un ou plusieurs boutons à proximité de l’endroit où le virus a pénétré dans le corps : près du (ou sur le) pénis, le vagin, le rectum, la bouche. Ces boutons peuvent augmenter de volume, devenir douloureux et se transformer en cloques. Ils disparaissent parfois sans jamais revenir. Mais de nombreux malades ont des boutons qui réapparaissent. Il est important de savoir que même lorsqu’une personne infectée n’a pas de symptômes, elle peut transmettre le virus à quelqu’un d’autre.
· Les effets de l’herpès sur la santé ne sont pas encore tous très bien connus. Les femmes qui ont un herpès courent davantage le risque de développer un cancer du col de l’utérus. Il faut qu’elles fassent faire un frottis vaginal (test qui permettra de détecter un éventuel cancer de l’utérus) au moins une fois par an. Lorsqu’une femme transmet le virus à son enfant pendant l’accouchement, celui-ci risque d’avoir des lésions cérébrales, de graves éruptions cutanées ou des problèmes oculaires. Il risque aussi la mort. Le fait d’accoucher avec une césarienne (l’abdomen de la femme étant coupé pour faire sortir le nouveau-né) diminue le risque d’infection de l’enfant par le virus.
Note à l’intention du formateur : Vous pouvez clore cette discussion par le résumé suivant :
· On peut avoir en même temps le VIH et une MST ;
· Le fait d’être porteur du VIH augmente le risque de contracter une autre MST ;
· Les MST ne provoquent pas forcément des symptômes. On peut avoir une MST sans le savoir, et la transmettre à quelqu’un d’autre.
· Les MST peuvent provoquer de graves problèmes de santé qui peuvent durer toute la vie.
· Détectées suffisamment tôt, la plupart des MST se soignent.
Note à l’intention du formateur : Présentez ces informations dans le cadre d’une brève discussion. Encouragez les participants à poser des questions tout au long de la discussion.
Les "précautions universelles" sont une série de procédures simples qui doivent être connues, pour l’exercice de leur activité professionnelle, par l’ensemble des personnels de la sécurité et de la protection civiles, ainsi que par les membres des forces armées. Il s’agit des différents moyens qui permettent de réduire le risque d’infection lorsque l’on travaille dans un environnement où du sang (susceptible de contenir des agents tels que le VIH est présent. Ces précautions sont importantes, par exemple, lorsque l’on s’occupe des blessés ou que l’on manipule des cadavres.
Les procédures des "précautions universelles" sont les suivantes:
1. Se protéger lorsque l'on manipule des instruments coupants ou pointus (aiguilles, couteaux et autres instruments coupants).
2. Se laver les mains avec de l'eau et du savon, notamment après un contact avec du sang, d’autres fluides corporels ou des blessures ouvertes.
3. Porter des gants et autres vêtements de protection pour toutes les procédures impliquant un contact avec du sang ou d'autres fluides corporels. Cela est extrêmement important, notamment, lorsque l’on manipule des cadavres.
4. S'assurer que le rejet des déchets médicaux (draps, éponges et torchons tachés de sang ou autres fluides corporels, ou contenant des tissus corporels) se fait dans des conditions sûres.
A fin 1999, le nombre de personnes infectées par le VIH/SIDA dans le monde s’élevait à 33 600 000.
A fin 2002, le nombre s’élevait à 42 000 000.
Chaque pays ou presque a connu de nouvelles infections par le VIH. Comme on peut le constater, aucune région du monde n’est épargnée par ce virus qui provoque le SIDA.
Cette année‑là, 5 000 000 personnes ont été infectées par le VIH.
Cette année‑là, 3 000 000 personnes sont mortes du SIDA.
Fin 2002, probablement plus de 25 000 000 personnes, au total, étaient mortes depuis le déclenchement de l’épidémie au début des années 1980.
Note à l’intention du formateur : Présentez ces informations dans le cadre d’une brève discussion. Encouragez les participants à poser des questions tout au long de la discussion.
Travailler dans les domaines de la sécurité et de la protection civiles accroît le risque de contracter le VIH et d’autres MST. Cela s’explique par le stress lié à ce type d’activité professionnelle, par le type de personnes qui travaillent dans ce secteur et par les situations particulières dans lesquelles elles se retrouvent.
Chaque membre des personnels de la sécurité et de la protection civiles peut faire quelque chose pour prendre soin de lui-même et des autres. Vous pouvez en effet travailler de concert avec vos collègues pour éviter de contracter le VIH et d’autres MST. Les organisations et leurs différents services peuvent développer un « esprit de corps » ou de « camaraderie » en mettant sur pied, à cet effet, des programmes dans le cadre desquels chacun peut s’occuper des autres, éviter les situations à risque et essayer d’encourager et favoriser des comportements plus sûrs. Il convient de se rappeler que le VIH et les MST peuvent menacer non seulement votre vie mais aussi celle d’autrui. Et que ces maladies peuvent ruiner la carrière professionnelle des personnes qui les contractent et avoir de fâcheuses conséquences pour les organisations qui les emploient.
Voici quelques-unes des raisons pour lesquelles votre travail peut vous exposer au risque de contracter le VIH et d’autres MST :
· Le travail et le stress. Il n’est pas facile de travailler dans la sécurité et la protection civiles. Un grand nombre de facteurs rendent ce travail particulièrement dur. Et lorsque le travail est dur, l’on prend souvent des initiatives ayant pour but d’atténuer le stress. Ce qui fait du bien. Mais parfois les gens font pour cela des choses qui risquent au contraire de leur être dommageables, par exemple boire trop d’alcool ou prendre de la drogue, ne pas utiliser de préservatifs pendant les rapports sexuels ou avoir de très nombreux partenaires sexuels. Ces types de comportement augmentent le risque de contracter le VIH et d’autres MST. Voici une liste de quelques-uns des facteurs qui font de votre travail une source de stress :
- Votre travail est dur. Il vous faut même parfois mettre votre propre vie en danger.
- Votre travail est parfois ennuyeux, et il arrive qu’il ne se passe pas grand-chose pendant certaines périodes.
- Lorsque vous partez en mission spéciale, vous êtes appelé à abandonner votre famille ou votre milieu social pendant un certain temps. Vous pouvez être envoyé à l’étranger. Il s’agit la plupart du temps de missions dangereuses. Vous restez parfois loin de chez vous pendant longtemps.
- Lorsque vous revenez chez vous après avoir été en mission, loin de votre famille et/ou de votre ami(e), pendant une longue période, vous vous inquiétez de savoir ce qui s’est passé pendant votre absence, ou de ce que vous avez fait pendant tout ce temps (par exemple avoir eu des rapports sexuels avec quelqu’un d’autre que votre ami(e) sans utiliser de préservatif) et de la façon dont cela risque d’affecter vos proches, chez vous.
· L’âge et la prise de risques. Un grand nombre de membres du personnel de la sécurité et de la protection civiles sont des jeunes qui prennent des risques. Il est fréquent que les jeunes exercent une pression sur leurs camarades afin qu’ils prennent des risques.
- Nombreux sont les jeunes qui pensent « Il ne m’arrivera jamais rien » ou « Il ne peut pas m’arriver de contracter le VIH ou une MST ». Ils sont par conséquent davantage enclins à prendre des risques avec leur santé. Or ce mode de pensée peut les mettre en danger. Et chaque année, les jeunes sont plus nombreux à contracter le VIH que n’importe quel autre groupe d’âge.
- De plus, les jeunes s’incitent mutuellement à prendre des risques. De nombreux jeunes attachent beaucoup d’importance à ce que leurs camarades pensent d’eux. C’est ainsi qu’ils peuvent décider de faire telle ou telle chose uniquement pour impressionner leurs amis. Par exemple boire beaucoup d’alcool ou coucher avec une prostituée. Ils peuvent aussi décider de ne pas utiliser de préservatif, ce qui les expose au risque de contracter le VIH et d’autres MST.
· Le travail et la prise de risque. Dans votre travail, la prise de risques est valorisée. Après tout, cela fait partie du métier. Or au fil du temps, vous pouvez vous habituer à prendre des risques dans le cadre de votre activité professionnelle, et ce à un point tel que vous pensez qu’il ne vaut plus la peine de prendre les précautions indispensables à la protection de votre propre vie. Il peut alors devenir très difficile, pour vous, de ne pas boire ou d’utiliser des préservatifs.
· Le travail dans des conditions spéciales.
- Les membres de la communauté au sein de laquelle vous exercez vos activités professionnelles savent que vous avez de l’argent parce que vous travaillez. Les prostitué(e)s et autres professionnel(le)s du sexe sont donc tentés de vous approcher pour vous proposer des rapports sexuels, afin que vous leur donniez de l’argent.
- La guerre et les autres types de conflit contraignent parfois les gens à quitter leur domicile. Ils n’ont alors souvent pas d’autre choix que de vendre leur corps contre des produits alimentaires et un toit. Ces types de situations rendent votre travail plus difficile encore, accroissant votre stress et vous donnant un accès plus facile à des rapports sexuels du fait de cette sollicitation constante.
Quelques tuyaux pour survivre
Il faut que les employés de la sécurité et de la protection civile travaillent ensemble et fassent preuve d’un esprit de corps (camaraderie) afin de prendre soin les uns des autres et de prévenir l’infection par le VIH et d’autres MST ;
Rappelez-vous que le VIH et les autres MST ont des effets à la fois sur votre vie et sur les organisations pour lesquelles vous travaillez.
Note à l’intention du formateur : Cette démonstration a pour but d’apprendre aux participants comment utiliser correctement les préservatifs. Veillez à leur dire que les préservatifs sont TRES EFFICACES pour la prévention du VIH et des autres MST. Dites-leur aussi qu’ils peuvent empêcher qu’une femme ne tombe enceinte. Vous leur montrerez ensuite comment utiliser un préservatif masculin et un préservatif féminin, et ce qu’il faut utiliser pendant les rapports bucco-génitaux.
A. Comment utiliser un préservatif masculin
Note à l’intention du formateur : Passez d’une étape à l’autre avec les participants, montrez-leur comment procéder à chacune de ces étapes, et laissez-les poser des questions .
1. N’utilisez, toujours, QUE des préservatifs en latex. Les préservatifs en « peau d’agneau » ou « peau de mouton », parfois appelés « naturels », ne protègent ni contre le VIH, ni contre les MST, ni « contre » la grossesse.
2. Vérifiez que le préservatif n’est pas périmé. Il devrait y avoir une date de péremption ou de fabrication sur l’emballage. Si la date est passée, n’utilisez pas ce préservatif. Les préservatifs deviennent secs et se fendent s’ils sont trop vieux. Ne conservez jamais un préservatif dans un endroit chaud car il risque de sécher. S’il n’y a que la date de fabrication sur l’emballage, le préservatif ne reste bon à utiliser que pendant 2 ans après cette date.
3. Ouvrez l’emballage, en veillant à ne pas déchirer le préservatif. Avant d’ouvrir l’emballage, poussez le préservatif sur le côté afin qu’il ne se déchire pas en même temps que l’emballage. N’ouvrez pas l’emballage avec les dents, des ciseaux ou un couteau.
4. Mettez le préservatif dès que vous êtes en érection. N’attendez pas de le mettre juste avant d’avoir un orgasme – car le fluide qui sort de votre pénis dès que vous commencez à ressentir une excitation risque de contenir le VIH. Placez le préservatif sur le gland – le bout - du pénis. Assurez-vous que le réservoir (la partie du préservatif qui ressemble à un petit chapeau ou à une petite tétine) dépasse. Il est possible d’améliorer les sensations en versant une goutte de lubrifiant (par exemple de la gelée KY) à l’intérieur du sommet du préservatif.
5. Pincez le bout du préservatif pour chasser l’air.
6. Déroulez lentement le préservatif en direction de la base du pénis. Veillez à ce que le préservatif recouvre la totalité du pénis.
7. Si vous souhaitez utiliser un lubrifiant, choisissez-en un à base d’eau (par exemple de la gelée KY ou de la gelée spermicide). Les lubrifiants à base d’huile tels que la vaseline risquent d’endommager le latex et de provoquer des déchirures ou des trous dans le préservatif.
Immédiatement après l’éjaculation (orgasme) :
8. Tenez le préservatif à la base du pénis et retirez-le soigneusement (en le tirant). Faites‑le tant que le pénis est encore en érection afin d’éviter que le fluide ne se répande à l’extérieur.
9. Faites glisser le préservatif et ôtez‑le du pénis, en vous assurant de ne pas répandre de fluide.
10. Jetez le préservatif. Les préservatifs ne doivent jamais être utilisés plus d’une seule fois. On ne doit ni les laver ni les réutiliser.
B. Comment utiliser un préservatif féminin
Note à l’intention du formateur : Passez d’une étape à l’autre avec les participants, montrez-leur comment procéder à chacune de ces étapes, et laissez-les poser des questions .
1. Vérifiez la date limite d’utilisation sur l’emballage du préservatif. Si elle est dépassée, il ne faut pas utiliser le préservatif. Les préservatifs peuvent sécher et se fendre au fil du temps. Ne conservez jamais un préservatif dans un endroit où il risque de chauffer et donc de sécher.
2. Ouvrez l’emballage en prenant bien soin de ne pas déchirer le préservatif. Avant d’ouvrir l’emballage, poussez le préservatif sur le côté afin qu’il ne se déchire pas en même temps que l’emballage. N’utilisez ni vos dents, ni des ciseaux, ni un couteau.
3. Ouvrez l’extrémité du préservatif (côté anneau extérieur). L’anneau extérieur couvrira la zone qui se trouve autour du vagin. L’anneau intérieur doit aller dans le vagin, où il guidera l’insertion et maintiendra le préservatif en place.
4. Prenez l’anneau intérieur entre le pouce et le majeur. Placez votre index sur la poche qui se situe entre les deux autres doigts ou contentez‑vous d’exercer une pression sur l’anneau intérieur.
5. Pressez l’anneau intérieur afin d’insérer le préservatif dans le vagin. Insérez la gaine dans le vagin, aussi loin qu’elle puisse aller: Le préservatif est à sa place lorsque la femme n’a plus l’impression qu’il est là. Il n’est pas possible d’insérer le préservatif trop loin dans le vagin.
6. Assurez‑vous que le préservatif est bien placé en vérifiant que la gaine n’est pas tordue. L’anneau extérieur doit se trouver à l’extérieur du vagin.
7. Si vous souhaitez utiliser un lubrifiant, utilisez‑en un à base d’eau (par exemple de la gelée KY ou de la gelée spermicide). Les lubrifiants à base d’huile tels que la vaseline risquent d’endommager le latex et de provoquer des déchirures.
Immédiatement après l’orgasme: